Simone Veil: ammonimenti dal passato

Simone WeilI salti indietro nella Storia sono da sempre una scelta utile per una salutare comparazione con il presente, sapendo quanti insegnamenti e persino ammonimenti ne derivino.
Così più di una volta si è detto come la fine di questi anni Dieci del nuovo secolo e del nuovo millennio che stiamo vivendo somiglino, per certi versi, all'inquietante fine degli anni Trenta del Novecento.
Trovo uno scritto della grande politica e intellettuale Simone Veil, datato 1938, e leggendolo mi sono venuti i brivido, pensando a come in quell'anno Benito Mussolini avesse emanato le nefaste leggi razziali, mentre la "Notte dei Cristalli" in Germania era una tappa inquietante dell'antisemitismo e l'Austria veniva annessa alla Germania con il celebre "Anschluss", intanto il Duce diventava "Primo Maresciallo dell'Impero" ed il "Tribunale speciale" infliggeva 1.642 anni di carcere a 310 antifascisti. La guerra di Spagna, ma anche il nefasto "Trattato di Monaco", erano premessa alla Guerra mondiale che verrà un anno dopo.

Scriveva la Veil ottant'anni fa: «Notre époque n'est pas la première dans l'histoire où le sentiment dominant soit le désarroi, l'anxiété, l'attente d'on ne sait quoi, et où les hommes se croient le douloureux privilège d'être une génération promise à un destin exceptionnel. Comme l'histoire est passée, qu'elle ne se trouve plus que sur le papier, on a facilement l'illusion que toutes les périodes antérieures ont été paisibles à côté de celle qu'on est en train de vivre; tout comme les adolescents de vingt ansse croient toujours les premiers qui aient jamais éprouvé les inquiétudes de la jeunesse. Cependant on peut dire, sans crainte d'exagérer, que l'humanité dans notre petit coin d'Europe qui depuis si longtemps domine le monde, traverse une crise profonde et grave. Les grandes espérances héritées des trois siècles précédents, et surtout du dernier, espoir d'une diffusion progressive des lumières, espoir d'un bien-être général, espoir de démocratie, espoir de paix, sont en train de s'effriter à une cadence rapide. Ce ne serait pas là chose tellement grave s'il s'agissait simplement d'une désillusion atteignant certains cercles intellectuels, ou certains milieux particulièrement préoccupés de problèmes politiques et sociaux. Mais nous sommes placés dans des conditions de vie telles que le désarroi touche et corrompt tous les aspects de la vie des hommes, toutes les sources d'activité, d'espérance et de bonheur. La vie privée, dans son cours quotidien, se détache de moins en moins de la vie publique, et cela dans tous les milieux. Il y a déjà eu des moments de l'histoire où de grands élans collectifs ont passagèrement réduit la vie privée à peu de chose; mais aujourd'hui, ce sont les conditions durables de notre existence qui nous empêchent de trouver dans la vie quotidienne des ressources morales indépendantes de la situation politique et sociale.
Le sentiment de la sécurité est profondément atteint. Ce n'est pas absolument un mal, d'ailleurs; il ne peut y avoir de sécurité pour l'homme sur cette terre, et le sentiment de la sécurité, au-delà d'un certain degré, est une illusion dangereuse qui fausse tout, qui rend les esprits étroits, bornés, superficiels, sottement satisfaits; on l'a assez vu pendant la période dite de prospérité, et on le voit encore dans quelques catégories sociales, de plus en plus rares, qui se croient à l'abri. Mais l'absence totale de sécurité, surtout quand les catastrophes à craindre sont sans commune mesure avec les ressources que pourraient procurer l'intelligence, l'activité, le courage, n'est pas non plus favorable à la santé de l'âme. On a vu une crise économique ôter dans plusieurs grands pays à toute une jeune génération toute espérance de pouvoir jamais entrer dans les cadres de la société, gagner de quoi vivre nourrir une famille. On a bien des chances de voir dans quelque temps une nouvelle jeunesse dans la même impasse. On a vu, on voit les conditions actuelles de la production faire commencer la vieillesse, et une vieillesse sans soutien, à l'âge de quarante ans pour certaines catégories sociales. La crainte de la guerre, d'une guerre qui ne laisserait plusrien intact, a cessé d'être un sujet de conférences ou de brochures pour se changer en une préoccupation générale, et qui devient de plus en plus quotidienne à mesure que la vie civile se subordonne partout à la préparation militaire. Les moyens modernes de diffusion, presse, radio, cinéma, sont assez puissants aujourd'hui pour secouer les nerfs de tout un peuple. Certes la vie se défend toujours, protégée par l'instinct, par une certaine couche d'inconscience; pourtant la crainte des grandes catastrophes collectives, attendues aussi passivement que des raz de marée ou des tremblements de terre, imprègne de plus en plus le sentiment que chacun peut avoir de son avenir personnel»
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Certo oggi si diventa vecchissimi e Internet ha scompaginato la comunicazione e l'informazione, ma gli stati d'animo - con scenari diversi da allora ma con il medesimo retrogusto - restano umanamente sempre gli stessi.

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