Les 60 ans du Conseil de la Vallée

Notre Vallée est pleine de fédéraliste et pleine de gens qui citent Emile Chanoux!
La commémoration de la première séance du Conseil régional du 21 mai 1949 s’est déroulée dans le sillon du conformisme et cela, une fois oubliée la stupeur, me crée des suspects dont je voudrais vous faire part. Alors que dans le passé, même au sein du Conseil de la Vallée, on reconnaissait très bien les unionistes à leurs idées et à leurs idéaux, aujourd’hui nous avons une aire autonomiste similaire et conforme et, ce qui est encore plus étonnant, droite et une gauche puisent à pleines mains dans notre patrimoine culturel et dans nos positions politiques. Si on parlait de gamins vous les reconnaîtriez puisque, après avoir mis les mains dans le pot de la confiture, ils en ont encore plein autour de la bouche!
Il suffirait de relire les discours dans les comptes rendus du Conseil pour comprendre: autrefois - il y a une dizaine d’années - le fédéralisme était vu comme une bizarrerie cultivée par les unionistes et nous avons été les seuls, pendant longtemps, à exalter l’image d’Emile Chanoux. Aujourd’hui, au contraire, beaucoup de personnes à la mémoire courte abjurent leur tradition et copient sur celle des autres qui demeure solide, alors que le système des partis est parti pour un grand tour de valse.

Si un extraterrestre venu d’une autre planète et d’une autre galaxie avait assisté à la séance et écouté les discours, il en aurait conclu que nous vivons dans une forme de démocratie très évoluée, que les groupes politiques du Conseil ont tous le même avis et, comme dans un choeur, ils constituent les différentes voix nécessaires pour chanter une même chanson.
Mais à ce point on ne peut pas ne pas se douter d’une chose: est-ce possible que ce partage des idées - la fameuse pensée unique!- dérive du concept que, puisque le projet unioniste est vainqueur depuis plusieurs années, il faut s’y adapter, l’imiter et titiller l’électorat sur les thèmes qui l’intéressent?
Une fois les extrémistes chassés du Conseil, ou jamais acceptés, sommes-nous destinés à écouter le même air joué par tout le monde, indépendamment de l’instrumentutilisé?
Il vaut mieux être méfiants et attentifs. Je vois trop de déguisements et trop d’opportunisme. J’ajouterais que nous nous trouvons face à une forme de mimétisme et de camouflage, comme cela arrive souvent dans le monde des animaux. Le lion a une couronne qui ressemble aux herbes de la savane, le crocodile a la même couleur de la boue qui le cache, le caméléon change de couleur, la perdrix devient blanche sur nos montagnes pour ne pas être vue au milieu de la neige. Mais celui qui m’amuse plus que les autres est le perroquet qui - semblable au politicien qui copie - reproduit les voix ou les bruits pour être accepté par la communauté dans laquelle il se trouve. On a étudié un perroquet qui barrissait parce qu’il vivait avec des éléphants! Méfions nous donc des imitations et faisons confiance au modèle originel, même en politique.

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