La "vendetta" postuma di Parfait Jans

Patrick BalkanyQuando morì, nel settembre del 2011, "Le Monde" gli dedicò questo ritratto molto efficace dalla penna di Patrick Roger: «Parfait Jans, ancien député du PCF et ancien maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), est mort le 24 août à Auxon (Aube), à l'âge de 85 ans. Fils d'immigrés, chrétien, communiste, dandy cultivé, il fut une des grandes figures du "communisme municipal" de la seconde moitié du XXe siècle.
Né le 7 juillet 1926, à Levallois-Perret, dans une famille d'immigrés italiens originaire de la région du Val d'Aoste, Parfait Jans milite très tôt dans les rangs du Parti communiste. Après avoir exercé les métiers d'ajusteur-monteur puis de chauffeur de taxi, il se lance, au début des années 1960, dans une carrière politique qui le conduit, en mars 1965, à devenir maire de Levallois-Perret. Il occupera cette fonction jusqu'en 1983, date à laquelle il est battu par Patrick Balkany»
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«Parfait Jans est le prototype de ces grands élus des banlieues populaires - continua l'articolo di Roger - de ces "satrapes rouges" bénéficiant d'une forte assise locale, qui ont constitué l'ossature du PCF lorsque celui-ci était encore la force dominante de la gauche. A peine élu maire de Levallois-Perret, il inaugure ainsi la première "Fête de la jeunesse" en présence du cosmonaute soviétique Youri Gagarine, premier homme à avoir effectué un vol dans l'espace, héros de la "supériorité" des Républiques populaires et modèle pour leurs partis frères.
Il est élu une première fois député en 1967. Son premier mandat législatif est écourté par la dissolution de 1968 qui voit l'arrivée au Palais-Bourbon d'une "Chambre bleue" et Charles Pasqua s'emparer de son siège. Il prend sa revanche en 1973 et il exercera trois mandats consécutifs jusqu'en 1986. Dans le même temps, il inflige une nouvelle défaite aux élections cantonales de 1973 à Charles Pasqua, dans le canton de Levallois-Perret, obligeant ainsi ce dernier à se replier sur Neuilly-sur-Seine.
Parfait Jans a été une des personnalités marquantes de l'Assemblée nationale sur les bancs de la gauche, aussi à l'aise sur les sujets sociaux que sur les questions institutionnelles, ciselant ses interventions avec un goût prononcé pour la belle langue, sans hésiter à interpeller vigoureusement ses adversaires politiques tout autant que ses alliés et partenaires de la gauche»
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Nel 2005 il giornale "Le Parisien" declinava la sua vita dopo la politica con la descrizione di Christine Henry: «Parfait Jans, l'ancien maire communiste de Levallois-Perret, âgé aujourd'hui de 78 ans, s'est reconverti dans l'écriture. Il vient de signer son vingtième roman intitulé "Roma Doma" et se trouvait samedi dernier à la maison de la Maurienne, sur ses anciennes terres électorales, pour dédicacer ce nouvel ouvrage. Un médaillon en bois sculpté autour du cou et une longue écharpe blanche qui descend sur ses épaules... Parfait Jans a le look de l'artiste. Il est vrai que celui qui a été maire de Levallois de 1965 à 1983 et député de 1967 à 1983 assume parfaitement sa retraite politique. C'est un an avant sa défaite devant Patrick Balkany, l'actuel maire UMP de Levallois, qu'il a découvert la passion de l'écriture. Depuis, l'ex-élu PCF n'a cessé de se consacrer à cette vocation tardive. "Je me mets à mon bureau tous les matins à partir de huit heures et je noircis des pages jusqu'à 12 h 30. L'après-midi, je sculpte des bas-reliefs, des rinceaux ou des pendentifs en bois", confie celui qui a été ancien ajusteur-monteur en machines outils, mais aussi berger et chauffeur de taxi. Ce touche-à-tout passe allègrement du polar aux livres pour enfants en passant par les romans historiques ou les essais. La quasi-totalité de ses ouvrages font référence au val d'Aoste, la région de ses ancêtres, les Salasses.
Son dernier livre, qui mêle passé antique et histoire récente, ne fait pas exception. Parfait Jans, enfant d'immigrés valdôtains, parle le patois. Et comme on ne se refait pas, il a également décidé de mettre sa retraite et son expérience au profit d'une occupation plus politique: la lutte en faveur de la francophonie. "Cette région francophone du duché de Savoie a été rattachée au royaume d'Italie sans que la population ait été consultée. Un siècle et demi aurait dû suffire pour mettre à genoux ce peuple et enterrer définitivement la francophonie, pourtant, il n'en est rien. J'essaie d'apporter ma modeste contribution à cette grande bataille pour préserver l'avenir culturel de la valléed'Aoste", explique-t-il»
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Già, la vicenda umana e politica di Jans, che ho conosciuto bene e che amava in profondità la Valle d'Aosta, pur non avendola - dai resoconti dell'Assemblée Nationale che ho consultato - mai citata nella sua attività parlamentare è legata ai coniugi Balkany in queste ore sotto processo in Francia con una serie di accuse gravi per arricchimenti illeciti e la loro fortuna nacque e si sviluppò a partire dalla sconfitta di Jans, che non nascondeva un comunismo duro e pure con simpatie passate per lo stalinismo, in quel Comune dove arrivarono fra Ottocento e Novecento centinaia e centinaia di émigrés dalla nostra Valle come sua base elettorale.
Ha scritto Erik Doidy su "Politix": «Levallois-Perret était au départ un simple lotissement: le "Champ Perret" de Jean-Jacques Perret en 1822, devenu le "Village Levallois" dans les années 1845-1846. Pour Nicolas Levallois, un homme d'affaires, il s'agissait de créer un cadre de vie fonctionnel, combinant les commodités de la grande ville aux "charmes" de la campagne. Nicolas Levallois et le géomètre Rivet pensent alors l'espace urbain dans les termes de l'efficacité et de la rationalité: en témoigne l'aspect régulier des rues, dans leur tracé (de longueur similaire, elles se croisent à angles droits), dans leur équipement (éclairages, égouts installés dès les premières années) ou encore dans leur esthétique (architecture médiocre et fonctionnelle). Cependant, le développement urbain s'y est effectué de manière bien plus anarchique que Nicolas Levallois ne l'avait pensé. Contre la tentation d'une illusion héroïque, I. Joseph et… ses plans se sont en effet heurtés à des réalités n'apparaissant pas sur le papier: intérêts des autres propriétaires fonciers, imprévus naturels (la commune se trouve en zone fréquemment inondée), développement industriel croissant. Avec les nombreux ateliers de mécanique, de construction navale ou encore de parfumerie, et l'installation sur place d'une population ouvrière, le "village" initialement prévu s'est modifié en profondeur. L'espace urbain s'est construit à partir de tâtonnements successifs et d'assemblages hétéroclites, davantage qu'à partir d'un plan maîtrisé. Se sont alors formés les fameux "passages", voies qui ne sont pas tout à fait des rues, investies par des communautés de voisinage et de travail. Dans ces passages, perçus de l'extérieur comme des lieux de perdition et des culs-de-sac mal famés, se serraient les ateliers et s'entassaient les familles. C'est néanmoins autour d'un "attachement aux Passages" que les habitants de Levallois se distinguent de ceux des autres banlieues: "ceux-là, à coup sûr, sont de Levallois" et n'iraient pour rien au monde loger autre part . Les "passages" à Levallois-Perret: ruelles… Par opposition à la froide fonctionnalité des "cités dortoirs" des années 1960, Levallois-Perret est investie par ses habitants à partir d'accommodements et d'explorations, où les liens sont personnalisés et les usages familiers. Dans les années 1960 et 1970, les "grands ensembles" levalloisiens héritent des sociabilités des "passages" et de fortes solidarités de quartier entre ouvriers français, immigrés du val d'Aoste et immigrés algériens.
Avec l'arrivée de Patrick Balkany à l'Hôtel de Ville en 1983, après dix-huit ans de municipalité communiste, commence une politique volontariste de reconversion économique et de rénovation urbaine à partir de préemptions. Au fur et à mesure que se poursuivent ces opérations de rénovation et de construction, qu'apparaissent de nouveaux quartiers (le huppé "Front de Seine"), le tissu social de la ville change en même temps que son visage. De nombreuses familles sont délogées du domicile rénové et relogés ailleurs dans les Hauts-de-Seine, par l'Office départemental des HLM (parfois même au plus loin, jusqu'à Antony). Dans le même temps, une autre population arrive des quartiers aisés de Paris à Levallois, plus abordable que Neuilly»
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Più avanti un passo interessante: «Les travaux de Jean-Gustave Padioleau sur les ressorts du clientélisme dans les municipalités communistes des années 1970 ont mis en avant certains traits que l'on retrouve dans le Levallois-Perret d'avant les années 1980. Ne disposant pas d'un accès privilégié aux instances centrales de décision, le PCF compense cette faiblesse en développant à cette époque des stratégies basées sur les ressources locales (distribution de biens et services municipaux). L'allocation de ces biens, même si elle obéit à un principe universaliste, passe alors par l'intervention de militants qui viennent épauler les administrés dans leurs démarches. Le "dévouement", une "aide personnalisé" et une "attention aux préoccupations quotidiennes" entraînent chez l'administré une obligation morale de reconnaissance et de loyauté. À cette implication des acteurs dans des interactions personnalisées ouvrant sur un impératif moral de réciprocité, s'ajoute une visée politique du clientélisme, qui participe d'un processus d'apprentissage, de politisation des électeurs. Padioleau décrit un clientélisme partisan, qui n'est pas le fait d'un "patron" individuel, mais qui s'articule au Parti. Ce "clientélisme diffus" est décrit au cours des entretiens dans les souvenirs d'anciens habitants de Levallois-Perret lorsqu'ils abordent les mandats de l'ancien maire communiste, Parfait Jans».
Ma Jans era una persona onesta, a differenza dei Balkany e delle loro speculazioni finanziarie ed immobiliari, di cui oggi devono rispondere alla Giustizia e il vecchio sindaco Jans non può godere di questa soddisfazione.

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